Je suis un arbre sans racines

Publié le par hysterikmum

Je suis un arbre sans racines

Alors que l'on se pose de plus en plus de questions sur l'avenir de la France,

Moi je me pose de plus en plus de questions sur mes racines.

Oui parce que finalement, comment avancer quand on ne sait pas d'où l'on vient.

Comme je te l'ai déjà dit, dans un autre article, je ne connais pas mon père ni même sa famille.

Dans le peu d'informations qui m'ont été données, on m'a dit " Ta grand-mère paternelle est une femme de la Guadeloupe".

Je ne peux m'empêcher de me poser des questions.

Je suis blanche comme un cul, j'ai une peau de rouquine et le soleil, de ses rayons fait apparaître des centaines de taches de rousseurs comme ma grand-mère maternelle, en été.

Mon père était blanc.

A-t-il été adopté ? Ma grand-mère était-elle, elle-même blanche, métisse, noire ? Habitait-elle la Guadeloupe ou était-elle originaire de là-bas ?

Avant moi, il y aurait eu deux enfants, une fille et un garçon.

Moi qui suis fille unique, puis-je dire que je ne le suis pas finalement?

Savent-ils que j'existe ?

Bref toute sortes de questions auxquelles je n'aurais jamais de réponse (je le répète, je ne désir pas rencontrer mon père).

Je suis née à Épinal, dans les Vosges.

J'y ai vécu deux ans, une partie chez ma grand-mère maternelle avec ma mère et une partie chez mon oncle et ma tante sans ma mère car elle cherchait du travail sur Paris.

Je ne me souviens pas du tout de ma vie là-bas. Déjà parce que j'étais trop petite, mais aussi parce que mon esprit a mis de côté bien des choses ...

Je n'en connais finalement pas les traditions, les coutumes et à part les clichés alimentaires ... rien de plus.

J'ai vécu dès lors, en région parisienne.

Lorsque je revenais là d’où je venais, j'étais "la parisienne".

Pourtant, même en ayant toujours vécu ici, je ne me sens pas cloisonnée à simple "parisienne".

Je ne viens donc peut être ni de la Guadeloupe, ni des Vosges, ni de Paris... Mais d'où ?

C'est sans doute étrange pour toi, mais je ne me suis jamais sentie chez moi, nulle part ...

Comme un arbre déraciné que l'on essayerait de replanter à différents endroits sans que celui-ci ne s'épanouisse... Ou plutôt comme un rejet sans racines.

J'ai un nouveau appartement jardin depuis Septembre, mais une fois de plus n'ayant pas eu l'habitude de me sentir chez moi, je mets du temps a trouver des marques.

Je me suis même surprise, en retournant chez ma belle-mère (qui m'a hébergé deux ans et demi avec Marlon et Greg lorsque nous n'avions pas de toit) il y a deux week-end, dire a Greg que je me sentais chez moi chez sa mère.

A croire qu'avec le recul on se rend compte qu'on peut se sentir bien chez les autres.

Tu sais, quand tu vas dans un endroit connu, il y a cette odeur, qui t'envahit, qui est familière et qui te fait te sentir en sécurité ...

Je n'ai pas encore cette sensation chez nous, mais il faut laisser le temps à mes racines blessées de repousser et de se replanter bien solidement dans le sol.

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