Sans péridurale

Publié le par hysterikmum

Sans péridurale

La semaine dernière, j'ai vu un reportage lors du journal de 20h, parlant de l’ouverture d'une nouvelle maison de naissance pour les mamans qui souhaitaient accoucher de manière "plus naturel", moins médicalisé et repartir dans les heures suivant l'accouchement.

Je me pose alors une question simple : Pourquoi choisir d'accoucher sans péridurale ?

Une femme interviewé disait ceci "Oui j'ai souffert mais c'était libérateur, à la fin, j'avais mon bébé dans les bras".

J'ai vraiment du mal avec la douleur d'une manière générale, accoucher sans péridurale est une de mes hantises, encore plus depuis que j'ai vu un épisode de baby boom avec une femme qui arrivait en hurlant dans la maternité de Montreuil, était allongée de suite par les infirmières qui lui "arrachaient" son pantalon tellement ça allait vite.

Elle hurlait, je me suis bouchée les oreilles devant la télé tellement cela a été angoissant pour moi.

La tension, la douleur était palpable.

Cette femme, elle, elle n'a pas eu le choix.

Mais quand on a le choix, pourquoi choisir la douleur ?

Je ne montre pas du doigt ces femmes qui en font le choix, j’essaie juste de comprendre, mais les arguments déjà entendus ne me convainquent pas ...

"Les femmes avant, elles y arrivaient bien!"

Oui mais elle n'avait pas le choix, nombreuses s'accorderont à dire que si elles l'avaient eu, elles auraient volontiers pris la péridurale.

"Je veux être maitresse de mon accouchement"

Je pense sincèrement que tenir un projet de naissance jusqu'au bout est très compliqué tant la naissance est inattendue et finalement souvent différente de ce que l'on imaginait.

Et puis on n'est pas à l'abri d'une césarienne, de forceps ... et là, même si cela ne correspond pas à notre projet, la santé de la maman et du bébé prime.

Même avec une péridurale, il faut pousser, on agit, on n'est pas juste spectatrice.

Effectivement, rester trois jours à la maternité, lorsque tout va bien, cela semble long.

Souvent, je pense qu'il serait possible de ressortir dès le lendemain ou le jour d'après en étant suivi par une sage femme à la maison, et je comprend aussi que cela gène certaines.

Mais je ne pense pas que les femmes qui font le choix d'accoucher en maison, le fassent pour cette raison.

Si certaines d'entre vous, ont fait le choix d'accoucher sans péridurale, j'aimerais que vous m'expliquiez pourquoi ce choix.

Non pas pour vous juger, mais vraiment pour comprendre votre choix .

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Payette family 30/10/2014 22:49

J'ai vécu 2 accouchements un avec péri et l'autre sans péri, et je préfère 1 000 fois mieux le sans péri! Je l'ai choisi moi même, j'ai fait un projet de naissance bien ficellé! Et ma maternité est un peu "nature", ballon, possibilité de se déplacer et de ce mouvoir comme on veux, autant qu'on veux!
Pour moi il était primordial d'accoucher sans péri! La péri n'est pas anodine, c'est quand même un anesthésiant... Et je voulais comme vous l'avez dit être acteur de mon accouchement! Ce qui m'a permis de le faire c'est une préparation a l'accouchement. J'ai de suite dit a ma sage femme que je voulais accoucher sans péri, j'ai eu des cours "spécifique" me permettant de vraiment bien me préparer! Oui c'est sur ca fait mal, mais j'ai eu beaucoup moins mal qu'a mon premier accouchement! J'ai géré la douleur, j'ai tout sentie! J'ai été libre de mes mouvements jusqu'au dernier moment et j'ai pu accoucher dans la position que JE voulais! D'aobrd debout puis a moitié tordu! C'était vraiment magique! Et pour le 3ième je ferais pareil! Même si chaque accouchement est différent :)
Je pas je vous ai éclairé mais c'est ma version :)

MeZéMaMaLo 29/10/2014 22:40

Après instagram je viens "lire" ton univers !!! ton blog est super, j'aime beaucoup !! et pour répondre à ta question (oui je sais ça date mais bon !!!) voilà ma réponse :
http://mazemalo.blogspot.fr/2014/05/la-peridurale-tres-peu-pour-moi.html
belle soirée !!

Louwi 03/07/2014 20:40

J'ai découvert ce blog il y à pau. Je suis enceinte de mon premier, j'accouche fin aôut, et j'aimerai accoucher sans péridurale. Pourquoi? Et bien pour ressentir l'intégralité des sensations, plus ou moins extrèmes, qui sont liées au fait de donner la vie. Peut-être aussi parceque je ne sais pas si j'en aurai d'autre et que je veux vivre l'expérience dans sa force la plus intime. Ce petit qui arrive bientôt je l'aime déjà, je suis sûre qu'après l'avoir vu je l'aimerai encore plus, et je me dit que de vivre ces sensations sans "additifs" (sauf bien sûr en cas de danger) tout comme lui va la vivre (parceque pour lui aussi l'expérience de naissance est très intense, et il n'a pas le droit à la péridurale) va nous souder d'autant plus fort (nous souder après nous avoir séparer), et c'est pour ça que de la même manière je souhaite allaiter. Bien sûr, il se pourrait aussi que le moment venu, je réclame cette péridurale à corps et à cris. Mais si je choisis sans ce n'est pas uniquement parceque j'ai envie de souffrir (car non, c'est pas ça la motivation) ni parceque "avant elles faisaient sans", c'est vraiment plus profond que ça. En attendant, dans maxi 1 mois et demi, je saurai si je vais au bout de mon choix. En tout cas, très chouette blog! Au plaisir de lire vos aventures.

Marianne 26/06/2014 18:52

Ton article sur l'épisio m'a amenée ici... Etant une de ces femmes qui optent résolument pour le sans-péri et qui a eu la chance d'avoir un suivi de type maison de naissance, je dirais...
J'ai accouché sans péridurale :
- pour ne pas risquer qu'on décide à ma place (que j'ai besoin d'une épisio, que l'accouchement ne va pas assez vite et que donc ocytocine, etc.)
- pour garder ma mobilité (l'idée d'être attachée à un lit par les perfs et le monitoring pendant de longues heures est ma définition de l'enfer)
- pour laisser le corps faire ce qu'il sait faire (on n'est évidemment jamais à l'abri d'un problème, mais c'est la raison pour laquelle j'ai été suivie par une sage-femme fort compétente, qui sait où sont les limites de ses néanmoins vastes compétences et qui m'aurait envoyé à l'hosto si nécessaire)
- pour laisser le corps faire ce qu'il sait faire (je me répète parce que, quand tout va bien et que l'on se sent respectée et en sécurité, notre corps est fait pour ça. alors certes, vous me direz "mortes en couches" et tout ça, mais l'espèce humaine a sacrément bien prospéré non? parce que notre corps est fait pour ça. pour le reste, voir le point précédent)
- parce qu'avant d'accoucher je sentais que c'était une expérience que je devais vivre
- parce qu'après l'avoir fait (2 fois), je sais que c'est une expérience que je devais vivre
- parce que je n'avais pas une trouille profonde l'accouchement. si j'avais été une grande paniquée de la chose, je n'y aurais sans doute pas été
- parce que l'expérience humaine d'un accouchement accompagné par une sage-femme qu'on connaît, respecte et apprécie est un merveilleux prélude à l'expérience de la parentalité. du coup on se lance en confiance et dans la joie dans l'aventure...

Voilà pourquoi!

Morgane 26/06/2014 16:25

Comme je te le disais dans un message précédent, j'ai été doula et pendant cette période j'ai travaillé avec des couples qui avait de souhait d'essayer un accouchement sans péridurale.
Je suis persuadée qu'une femme qui le souhaite, et si elle est dans un environnement qui soutient son choix, est capable de donner naissance à son enfant sans anesthésiant - mis à part des situations très particulières et minoritaires. Je suis aussi persuadée que la douleur de l'accouchement n'est pas 'une torture' qui ne sert à rien, mais que cela peut être une douleur qui peut être acceptée et sublimée (comme la douleur qu'un marathonien ressent pendant la course par exemple, qui n'est pas jugée inutile par la société, au contraire !). La douleur et la souffrance sont deux choses bien différentes, et la souffrance souvent a des racines psychologiques ou émotionelles qui peuvent effectivement rendre un accouchement traumatique si la femme (ou son conjoint) se sentent impuissants, dépassés, humiliés parfois par certains gestes de routine, ou si ils ont peur.
Lors d'un accouchement médicalisé, à partir du moment où l'on fait le choix de la péridurale le plus tôt possible (4cm), la future maman doit suivre les procédés de routine de l'hôpital pour assurer la santé de son bébé et la sienne (et oui car la péridurale n'est pas sans risque) - ce qui souvent entraîne une série d'autres interventions : position couchée, monitoring foetal en continu, perfusion pour maintenir l'hydratation, cathéter pour l'urine, rupture de la poche des eaux et perfusion d'oxytocine de synthèse si la péridurale ralentit trop le travail, et ensuite si cette oxytocine de synthèse stresse trop le bébé, naissance par voie basse instrumentale (épisiotomie, forceps...) ou naissance par césarienne - et donc souvent des suites de couches émotionellement et physiquement douloureuses.
Oui accoucher fait mal, mais cela peut aussi être l'expérience la plus 'empowering' de la vie d'une femme. Garder sa liberté de mouvement, fait pipi aux toilettes et pas à travers un tube, accoucher accroupie ou dans l'eau en serrant son mari dans les bras, c'est quand même différent que quand on est attachée à des tubes et des machines qui font bipbip.
Enfin, des études très récentes viennent de prouver le lien entre péridurale et retard dans la montée de lait, et donc difficulté à établir la lactation car quand la montée de lait tarde, beaucoup de mamans épuisées paniquent et passent au biberon très vite.
J'espère que ces différents éléments auront répondu à tes intérogations !