J'ai hurlé sur mon bébé

Publié le par Hysterikmum

J'ai hurlé sur mon bébé

Voilà, le titre est choc, il n'y aura pas vraiment d'humour dans cet article je le crains.

Ce billet de blog, je l'écris parce que j'en avais parlé avec une amie, qui m'avait rassuré en me disant qu'elle aussi, avait vécu une expérience similaire.

J'ai eu la confirmation ce matin, en lisant les commentaires d'un statut Facebook, qu'il était important d'en parler pour faire déculpabiliser ces mères qui craquent.

Nous, les mamans, je trouve qu'on envoie souvent des informations contradictoires ou fausses aux futures mamans et encore plus aux autres mamans.

Nous sommes cernées, éreintées, mais lorsqu'on nous demande comment nous allons, nous répondons avec notre plus beau sourire colgate, que rien ne pourrait être mieux.

Ah si, que si bébé dormait un peu plus la nuit, ça serait le top !

J'ai l'impression qu'il y a une espèce de compétition à qui sera la meilleure mère et que si on admet être dépassée, cela fera de nous une affreuse mère, qui n'aime pas son enfant.

Je ne sais pas si on ment aux autres, ou si on essaie de se convaincre que tout est idyllique, mais ça craint.

Il y a presque cinq ans, je vivais la venue au monde de mon premier bébé.

c'était tout nouveau, ce n'était pas tous les jours beaux, mon bébé avait un RGO.

Il vomissait énormément, sa trachée était brûlée.

Malgré le lait épaissi, les traitements, mes câlins, rien ne le soulageait, seule l'écharpe me permettait un peu de répits, qui ne durait pas longtemps...

Machoman travaillait énormément, j'étais seule avec bébé la plupart du temps.

Mes amies n'auraient pas vraiment pu prendre le relais, elles n'avaient pas d'enfants, ma famille etait à l'autre bout de la France et ma belle-mère vivait à côté, mais j'avais peur qu'elle pense que je ne savais pas m'occuper de mon bébé si je lui demandais un peu d'aide (réflexion complètement conne).

Le Dictateur hurlait le matin, il hurlait l'après-midi, il hurlait le soir, il hurlait la nuit.

J'étais fatiguée et éprouvée par mon épisiotomie.

La privation de sommeil commençait tout doucement à me faire perdre pied.

Le Dictateur, même en cododotant avec moi, se réveillait en moyenne dix fois par nuit.

Oui, je dormais en même temps que lui, mais ces quelques bribes de sommeils ne suffisaient pas à remplir ma batterie personnelle.

je me demande même comment lui faisait pour supporter ça.

Et puis il y a eu cette nuit où j'ai craqué.

Le Dictateur devait avoir 3 mois, il s'était réveillé une fois de plus, seulement 30 minutes après que je l'ai couché pour la énième fois.

J'ai craqué, je lui ai hurlé dessus "Mais tu vas dormir oui ou merde !"

Je l'ai déposé dans son lit, suis allée dans le salon, le laissant hurler et me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Je l'aimais à en crever, autant qu'à la minute d'avant je ne "le supportais plus".

J'ai tout de suite culpabilisé de m'être emportée sur mon si petit Dictateur, d'avoir eu ces mots et ce ton si durs.

J'ai attendu d'être un peu plus calme, suis allée le rejoindre, l'ai pris dans mes bras.

Il ne pleurait plus et me regardait avec ses grands yeux écarquillés.

Je me suis excusée plusieurs fois.

Même si je n'étais pas sûre qu'il comprenne ce que je lui disais, cela m'a calmé.

Je l'ai serré contre moi, ai sangloté un peu, puis l'ai recouché, il dormait l'air apaisé.

Ce n'est qu'après avoir refermé la porte de sa chambre ( (pas complètement hein, je l'ai laissé entre-ouverte) , que je me suis rendu compte que OUI j'avais eu le bon geste et que la frontière était très mince entre le bon choix et la folie.

Poser mon bébé n’était pas la solution à ses pleurs, bien sur qu'il aurait été mieux dans mes bras que dans son lit.

Mais lorsqu'on en peut plus, il faut savoir préserver son bébé, se préserver pour ne pas ni lui faire du mal, ni se faire du mal.

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J'aimerais qu'on arrête de faire croire aux futures mamans et aux mamans que TOUT dans la maternité n'est que pur délice et que lorsque l'on craque, c'est qu'on a un problème.

J'aimerais que l'on dise que parfois, c'est dur, qu'on a le droit de demander de l'aide, que laisser pleurer son bébé 5 minutes valent mieux que de le secouer et de le marquer à vie.

Avoir craqué ne signifie pas que je n'aime pas mon fils, ni que je suis une mauvaise mère.

Je ne suis ni parfaite, ni imparfaite, je suis seulement humaine.

Il y aura toujours des Brenda, qui te rétorqueront que celles qui craquent n'auraient pas dû avoir d'enfants, qui jugeront plus que compatiront.

Eh bien moi, j'ai craqué et même que j'ai refait un bébé !

Mais grâce au Dictateur, j'ai appris qu'il était essentiel de s'écouter et de tirer le signal d'alerte avant de ne plus en pouvoir, d'accepter l'aide mais aussi de la demander.

Ces cinq années avec le Dictateur m'ont aussi permis d'étirer encore un peu plus le fil de ma patience.

Je ne suis pas non plus un yogi hein, mais depuis, je n'ai plus hurlé sur mes bébés.

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Alexandra 21/07/2017 15:50

Merci pour cet article...cela vient de m'arriver...mon petit garçon est en fin de 3e mois, j'ai fait exactement la même chose que toi et je me suis entièrement revu dans ta description, c'est horrible la culpabilité qui nous submerge d'un coup, moi son problème c'est que parfois, il me fait un retour en arrière (ou bien à cause de la chaleur) Cette nuit il s'est réveillé toute les heures... En plus de la fatigue s'ajoute la frustration de ne pas contrôler ses quantités de nourriture, parfois il a l'air rassasié sur le coup mais voilà, 1h à 1h30 plus tard, il semble avoir encore faim et lorsque je le mets à téter, il tourne la tête et ce petit manège peut durer un certain temps, alors je le pose mais il réclame, c'est très dérangeant et déstabilisant...et du coup, ça me fait vriller car je n'arrive pas à décoder...alors merci d'avoir partage ton expérience car oui c'est vrai, à part avec ma sage femme, moi non plus je n'arrive pas à parler de mes faiblesses à mes proches, ils ne comprennent pas, en effet, on a eu un enfant alors on a pas le droit de dire que c'est dur... Avec mon compagnon, ça va mieux, il commence à entendre ce type de discours de plus en plus et ça fait du bien... Voilà encore merci, bon courage à toi pour la suite

elisa 21/08/2016 15:29

bel article...je suis en plein dedans aujourd'hui...mon bébé de 5 mois et demi ne fait que hurler, je le prend le + possible mais il fait déjà presque 9 kg et moi je suis un petit gabarit...aujourd'hui il refuse le porte bébé, il refuse d'être posé et pleure aussi dans les bras. bref, je pète un plomb

Une maman comme les autres 17/08/2016 10:32

Très bon article ça fait du bien de lire ce genre de chose car OUI nous sommes des etres humains et non des supers guerriers et OUI il nous arrive de craquer ! Mais on ne le dit pas assez, on ne nous prépare pas à ressentir ce genre de sentiment. Tu as très bien résumé la chose. On dirait que tout le monde veut faire croire à la famille parfaite, on a pas le droit au craquage à être à bout parfois. Tu as bien réagi. Finalement cest une preuve d'amour d'avoir voulu protéger son bébé avant de perdre le contrôle. Courage pour la suite !

Page 03/04/2016 13:57

Merci beaucoup! J'ai craqué hier soir. J'ai eu la lucidité de le donner à mon homme toute de suite car je sens que ça part en sucette.... Merci beaucoup. Je suis en train de pleurer... mais merci!

Helene 01/04/2015 01:27

Je viens de craquer.. Et c'est en tapant dans Google "j'ai hurlé sur mon bébé" que je suis tombée sur votre article..
Mon bébé à 14 mois.. A des terreurs nocturnes maintenant (oui Parce qu'avant il y a eu l'allaitement, les RGO - dormi assise pendant 2 mois avec lui dans les bras -, les dents - qui ne sont pas finies d'ailleurs-) je craque....
Ca me rassure mais il est 1h25 et je ne peux toujours pas dormir.. Je pleure toutes les larmes de mon corps depuis 1h...
Le manque de sommeil rend complètement fou...