Une vie sans mes enfants

Publié le par Hysterikmum

Une vie sans mes enfants

L'autre jour, j'ai écrit un billet de blog qui racontait que j'avais hurlé sur le Dictateur lorsqu'il était bébé, parce que j'étais épuisée, à bout.

C'est vrai, la vie de maman n'est pas toujours rose, parfois dès le réveil, on ne rêve que d'être au soir pour pouvoir se coucher de nouveau.

Mais je n'oublie pas cette chose : j'ai la chance de voir mes enfants grandir.

Je pense bien évidemment à tous ceux qu'on appelle "paranges", ces parents qui ont perdu un bébé au creux de leurs ventres ou après.

Je pense aussi à ceux, qui n'auront jamais d'enfants de leurs chairs.

Ceux qui m'ont suivi au travers de mes différents blogs, tous plus différents les uns que les autres, car je ne trouvais pas encore la formule qui me convenait ( écriture + illustration), connaissent déjà l'histoire.

Mais les autres le découvriront sans doute ici.

Il y a 7 ans, j'étais suivi par une gynécologue spécialisée dans la fertilité.

Celle-ci devait sans doute trop généraliser sa spécialité car elle a décrété que j'étais stérile, avec des ovaires polykystiques (OPK pour les intimes).

Pour elle, une femme obèse qui n'avait pas ses règles de manière régulière ne pouvait être que stérile.

Elle m'a donc annoncé que mes chances d'avoir un enfant naturellement étaient proches de un sur un million.

Cette annonce, à l'époque, a fracassé ma vie, a détruit tous les rêves de famille que je souhaitais voir se réaliser.

Cette annonce m'a plongé dans une tristesse sans fin, dans un gouffre si noir qu'il m'était impossible d'en sortir, j'ai pensé à mourir tant je ne voyais plus l'utilité de continuer sans pouvoir offrir de mon amour à un petit être.

Après des traitements inefficaces, après avoir été mise au régime, avoir dû prendre ma température tous les matins et étudié ma "glaire" (cassdédi à celles qui connaissent), après m'être répétée inlassablement dans ma tête que je ne serais jamais mère, j'ai fini par tout envoyer en l'air et "accepter" la situation.

J'aurais pu avoir une vie sans enfant, mais j'ai eu une chance, la gynécologue s'est trompée.

Le Dictateur s'est installé au chaud un 28 septembre 2008, soit un an et demi plus tard et y est resté jusqu'à sa naissance le 30 juillet 2009.

Pour l'Impératrice, cela a été bien plus rapide et la voici parmi nous depuis deux mois.

Je ne sais pas comment serait ma vie sans eux.

Je ne sais pas si nous aurions fini par adopter, faire une FIV, faire appel à une mère porteuse (même si je sais qu'en France, c'est interdit).

Je pense à tous ces parents privés de ce droit, quand d'autres gâchent leurs chances, en faisant des enfants malheureux, maltraités, enfermés, ou délaissés.

Faisons de chaque jour une fête, profitons de chaque instant après d'eux.

Les jours difficiles nous permettent sans doute de pouvoir encore plus goûter au bonheur des jours calmes.

N'oublions pas de leur dire qu'on les aime....

Une vie sans mes enfants

EDIT de 23h : j'ai écrit ce billet de blog hier soir, prévoyant de le publier demain.

Et puis, il y a cinq minutes, mon homme m'a appelé de son travail et m'a appri qu'une famille avait perdu son enfant ce soir.

Abderrazak, 8 ans, est mort en colonie dans l'Ariège, surement dû à l’ingestion d'une eau non potable.

Ce soir, une famille pleure son enfant.

Ce soir, j'ai une grosse pensée pour eux, même si je ne les connais pas.

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Helo 14/07/2014 23:12

Rien à ajouter. Tout est dit.

Aurelie 12/07/2014 10:00

Merci <3

Maman raconte 12/07/2014 02:23

Tu as tout dit...

Audrey 12/07/2014 00:35

Ton billet me touche tout particulierement ce soir car je ne sais pas si je te l'ai dit mais je suis infirmiere et je bosse au bloc op. Et nous aussi, comme machoman, nous avons été confrontés jeudi à l'indicible, à l'horreur, â l'accident. On s'est pris cetteviolence en pleine figure.... Un petit garçon de 5 ans.....l'injustice...
Depuis je l'avoue ce n'est pas vraiment le top. En plus j'étais de garde cette nuit donc il a fallu que j'attende 8h ce matin pour ENFIN serrer ds mes bras et embrasser mes 2 princesses.
Elles sont en forme, elle sont belles pleines de vie....m'ont fait tourner en bourrique toute la journée, mais bon...
Je pense beaucoup a cette mzman, a ce papa, qui ont vu leur monde s'ecrouler, qui ont perdu leur unique enfant....
Alors tu as mille fois raison Julie: ptofitons de chaque instant, mesurons notre chance, savourons chaque petit moment.....
C'est mon nouveau Carpe Diem