Le deuil de la famille idéale

Publié le par Hysterikmum

Le deuil de la famille idéale

Tout le monde le sait, la famille idéale n'existe pas.

Même dans la petite maison dans la prairie, il y a eu des ennuis : des incendies, Charles qui devait partir loin pour gagner de l'argent, une enfant qui devenait aveugle, la difficulté de lui trouver une école adaptée ... ( si je te dis que je ne passe pas ma vie devant cette série tu me crois ?!).

Le cliché de la famille avec un papa, une maman, deux enfants, un chien, une maison et des cœurs qui sortent de la cheminée est enfin mise de côté (ouf parce que c'était juste hyper culpabilisant).

Si tu me suis depuis le début du blog, tu sais que ma relation à la famille est très particulière.

Je n'ai pas connu mon père, enfin si, les deux premiers mois de ma vie.

J'ai été élevée dans une famille monoparentale et aujourd'hui, le seul parent qui me restait (ma mère) et moi, nous ne nous parlons plus.

Cela va faire un an, que j'ai décidé de couper les ponts.

Non, ne me dis pas que c'est dommage, tu sais, il s'en est passé des choses avant que j'en arrive là.

Elle-même avait décidé de couper les ponts pendant deux ans, ne me laissant aucune possibilité de dialogue.

Et puis un jour, elle est revenue, j'ai accepté son retour dans nos vies, j'ai espéré qu'il y aurait du mieux.

Mais pour que cela fonctionne, j'ai refoulé mes émotions, je me suis tue et cela m'a un peu plus bousillé de l'intérieur.

Lorsque je savais que nous allions la voir (une fois par an), je devenais malade une semaine avant, le voyage en voiture jusque chez elle tendait mon corps, des douleurs à la poitrine apparaissaient jusque 24h après notre visite.

Mon corps me hurlait de la seule manière qu'il puisse le faire, que cette relation était toxique et destructrice.

Le blog, il m'a permis de vider les vannes lorsque ça n'allait pas, je t'avais raconté comment l'annonce de ma grossesse avait tourné au vinaigre.

ce jour-là, ma mère a confirmé ce que je savais déjà, elle ne m'aimait pas et n'aurait pas un rôle de mère pour moi.

Pendant un an, j'ai avancé.

Et c'est vrai, lorsque je ne pense pas à elle, je vais bien.

Mais cela ne dure jamais.

J'ai l'impression que la vie me raccroche toujours à cette relation que j'aurais aimé voir naître entre elle et moi.

Il y a peu, une de mes cousines m'a apprit que ma grand-mère (qui à l'annonce de ma grossesse m'avait dit "tu ne vas pas en faire 36?!" http://hysterikfamily.over-blog.com/2013/12/tu-ne-vas-pas-nous-en-faire-36-hein.html ) essayait d'avoir mon adresse.

Je ne sais pas ce qu'elle me veut.

C'est vrai, j'ai décidé de couper les ponts avec elle aussi suite à ça, je ne voulais plus supporter le poids du passé, le poids de ce que mon père avait fait à ces femmes, sur mes épaules à moi.

Et puis, il y a eu l'arrivée de l'automne et le passage devant cette forêt à côté de l’appartement, que ma mère et moi occupions lorsque j'étais enfant.

Je ne sais pas pourquoi, l'automne me rappelle ma mère, me rappelle un bouquet de feuilles mortes accroché à la maison, un chocolat chaud prit dans un café car nous avions été surprises sous la pluie.

Le climat, les couleurs des arbres, l'odeur de la terre mouillée, tout ça me fait penser à elle.

Et penser à elle me fait penser à quel point je me sens orpheline.

J'ai deux parents en vie, mais qui ont décidé que je ne serait pas leur fille.

Et pourtant, je pense que la petite fille en moi l'aime, cette mère qui ne m'aime pas.

J'aurais aimé pouvoir lui présenter l'impératrice autrement que via un mail, un mois plus tard.

J'aurais aimé qu'elle se réjouisse de notre bonheur et qu'elle accepte ma vie, mon conjoint.

J'aurais aimé que nous puissions nous voir pendant les vacances, que nous passions du temps ensemble, qu'elle joue avec ses petits-enfants, qu'elle me prenne dans ses bras.

J'aurais aimé lui raconter la rentrée du Dictateur au téléphone, lui dire comme l'impératrice est déjà une sacrée pipelette, lui parler de mes livres à paraître et lui dire qu'avec Machoman, nous nous sommes pacsés.

Il est facile de faire le deuil de la famille idéale, mais je ne sais pas s'il sera un jour possible pour moi, de faire le deuil de l'amour de ma mère.

Commenter cet article

sophie-mum 14/10/2014 14:35

oh ma pauvre je me retrouve dans ton article avec mon pere c mega tendu quand je descendais le voir j'étias stressée boule au ventre etc puij 'ai coupé les points et à l'arrivée de ma fille comme une conne j'ai repris contact pensant que ça aller changer et ben non quedalle c meme pire on ne parle que par mail et jamais de moi que de ma fille. Nos echanges par mail son froid. et si je coupe les ponts car il veut juste etre present pour les cadeaux noel et annif il veut expliquer a ma fille pourquoi elle reçoit rien de son papi (qu'elle a vu une fois quand elle avait 1 an) alors je suis tiraillée pour le moment je laisse comme ca et je lui expliquerais plutard que mon pere ne m'a jamais soutenu dans mes choix et que je n'attendais pas ca d'un pere sachant que ma pere était partie pour des raisons personnelles et elle a eu raison. enfin c pas simple la vie et encore moins les familles parfaites gros bisous virtuels

Yseult 16/10/2014 17:52

OOPS : sortent pas sorte ! Sorry :)

Yseult 16/10/2014 17:52

Cet article est, bien que très triste, super bien écrit et très émouvant ! Il prend aux tripes et donne les larmes aux yeux... Je compatis... En tous cas, chapeau de réussir tout de même à avancer aussi bien dans la vie, malgré ce manque d'une mère. Il y a beaucoup de parents de ce type et c'est dommage. Et tous les enfants de ces parents ne s'en sorte pas aussi bien alors bravo ! Respect !

Bébé Change la vie 10/10/2014 22:03

C'est dur... effectivement la famille idéale n'existe pas, mais heureusement tu as ta propre famille avec tes petits lous maintenant, c'est sur eux qu'il faut se concentrer ;)
(Et pour info, je ne suis absolument pas fan non plus de la petite maison dans la prairie !)

Maman Breizhou 10/10/2014 13:09

Ça doit être très dur à vivre. Ma mère et moi sommes très fusionnelles et je n'imagine même pas le contraire. J'espère être une aussi bonne mère qu'elle avec Poupette (que je me vois mal ne plus voir quand elle sera adulte...).
Par contre Papa Breizhou lui a eu une enfance difficile, des parents séparés tôt, des problèmes qui l'ont fait aller vivre quelques temps chez ses grands-parents, une mère qui n'est pas très aimante.
Je me rappelles un Noël où on a réunis sa mère, son beau-père, sa sœur et mes parents. Ma mère et moi nous faisions des câlins, des bisous, il y avait de la tendresse entre nous. Quand mes parents sont partis, sa sœur a pleuré devant sa mère en lui demandant pourquoi elle n'était pas comme la mienne, pourquoi elles ne se faisaient jamais de câlins, pourquoi elles ne se disaient jamais je t'aime... Ce n'est pas comme toi, mais tout en étant là elle ne joue pas son rôle de maman...

Wondermômes 10/10/2014 12:23

<3

Celine 10/10/2014 11:34

Je partage votre situation avec mes parents, et je partage aussi votre ressenti si profond : l'impression d'être orpheline sans que mes parents soient morts (enfin ma mère est "partie", et il m'a fallu longtemps pour l'admettre mais finalement c'est un peu moins douloureux que si elle était encore là, c'est terrible). Je suis triste, parfois amer, pour moi, mais surtout pour mon fils qui ne connait que peu ses grands-parents et n'aura pas la joie des moments merveilleux qu'on voit souvent. Maintenant comme je refuse de me morfondre, je m'attache à créer un autre environnement pour mon fils, tout aussi doux et joyeux, pour qu'il ne ressente pas le manque. Mais c'est vrai que pour moi, c'est plus difficile.
Je serais ravie de vous rencontrer, depuis le temps que je vous lis. Si vous êtes en région parisienne, buvons un café ou un thé ensemble. Bises. Céline alias Super Mamou