Harcèlement scolaire, et si on en parlait ?

Publié le par Hysterikmum

Harcèlement scolaire, et si on en parlait ?

Il y a quelques jours, ma copine Vanessa du blog Mère débordée a appris une chose effroyable, son "grand" de huit ans s'est fait mettre à tabac par d'autres enfants de sa classe.

Avec son accord et parce que le but n'est absolument pas de faire du "buzz", mais bel et bien de dire " ça existe, mais il faut lutter contre", j'ai eu envie que nous en discutions ensemble.

Pour commencer, je t'invite à lire le billet de vanessa ici , il résume très bien la situation et mets l'accent sur un vrai problème " Le harcèlement scolaire est-il reconnu à même titre que le harcèlement moral, sexuel sur des victimes adultes ?", la réponse est non.

Force est de constater, que de nombreuses personnes pensent encore et je cite " ce ne sont que des jeux d'enfants, ça va, vous ne vous êtes jamais fait de bleus enfants ?!" ( commentaire posté sous la photo d'un des énormes bleus que vanessa a publiée sur sa page, parce qu'elle avait besoin d'évacuer sa tristesse, colère, peine.

Le harcèlement scolaire, c'est quoi ?

Selon wiképédia " Le harcèlement scolaire décrit des comportements de harcèlement en milieu scolaire. Il est caractérisé par l'usage répété de violences physiques, mais aussi de moqueries et autres humiliations. "

Un enfant harcelé n'a donc pas forcément de "traces" sur le corps.

Les moqueries portant sur un handicap, caractéristique physique , des occupations différentes, l'appartenance à une catégorie culturelle d'un enfant sont AUSSI du harcèlement scolaire.

Tu retrouveras toutes les formes de harcèlements scolaires sur le site du ministère de l'Education nationale.

Attention aux PJC (petits jeux cons dont je t'avais parlé l'année dernière ici) qui peuvent aussi cacher, malgré leurs aspects de jeu, un vrai harcèlement scolaire.

Il faut aussi savoir qu'il n'y a pas d'âge pour le harcèlement scolaire, comparer ma génération avec celle d'aujourd'hui en se disant "qu'à l'époque, nous étions des innocents" ne serait pas révélateur du climat actuel, mais d'une manière générale, il est plus présent en fin d'école primaire et au collège.

De plus, avec les réseaux sociaux, un nouveau genre de harcèlement émerge, qui peut être une continuité du harcèlement scolaire : le cyber harcèlement.

Mais alors, comment faire la différence entre une moquerie, une dispute de copains et du harcèlement scolaire ?

Plusieurs critères amènent à en parler :

  • La violence physique et/ou morale
  • La répétitivité. Une dispute isolée n'est pas du harcèlement scolaire, il faut que ces violences soient répétées sur une longue durée (bon, il ne faut pas attendre 1 an pour s'alarmer non plus hein ).
  • L’isolement de la victime. L'enfant est souvent seul, isolée, n'a pas beaucoup de copains et a parfois du mal à se sociabiliser avec les autres.

Ce qui peut mettre la puce à l'oreille (oui, il y a des enfants qui ne parlent pas) :

  • un décrochage scolaire : absentéismes, chute des notes sont autant de signes qui méritent de s'en inquiéter.
  • troubles du comportement : l'enfant change d'humeur, parait triste, déprimé, ou devient agressif...
  • Troubles physiques : troubles alimentaires, évanouissements, douleurs répétitives, insomnies...

Comment agir, que peut-on faire ?

Il faut agir VITE, cela peut parfois être une question vitale, surtout chez l'adolescent.

Ne pas minimiser le harcèlement dont est victime son enfant.

- discuter avec son enfant. la communication est essentielle.

Sans brusquer son enfant, il faut réussir à savoir ce qui se passe et qui sont les agresseurs.

Rassurer son enfant, en étant ferme sur le fait que ce n'est pas normal et que le harcèlement est puni par la loi.

Mettre des mots, sur les maux.

- prendre contact avec les enseignants et la direction de l'établissement pour savoir ce qu'ils comptent mettre en place pour la sensibilisation contre le harcèlement scolaire, mais aussi comme moyens de sanctions pour les agresseurs, de protection pour les enfants.

Si cela n'est pas concluant et si besoin de conseils :

- Faire constater les blessures physiques aux urgences pédiatriques, puis aller porter plainte au commissariat

- Faire constater les troubles par un pedopsychaitre, puis aller porter plainte au commissariat.

- Appeler le numéro vert STOP harcèlement 0808 807 010 , qui te mettra en relation avec l'association "l'école des parents" ou avec un "référent harcèlement"

Et en cas de cyber harcèlement, le Numéro a appeler est : 0800 200 000

( Ces numéros et associations, sont aussi présentes pour les familles d'enfants agresseurs qui souhaitent se faire aide)

Un enfant est un petit adulte qui ressent les émotions autant que les adultes, voir plus encore, il est de notre devoir en tant qu'adulte d'être bienveillants à leur égard et de ne pas minimiser le harcèlement scolaire et de les en protéger.

Ce petit dossier, n'était pas vraiment placé sous le signe de l'humour, j'en suis désolée, mais il me semblait important de soutenir Vanessa et son fils en ébruitant le plus possible leur histoire, pour que chacun ait les outils nécéssaires, au cas-où.

Commenter cet article

sandrine 06/02/2015 15:15

Il faut en parler! c'est important et pourtant, les gens ne prennent pas cela au sérieux.Cela me peine vraiment beaucoup sur la nature humaine, car je me dis que pour qu'un enfant en vienne à en harceler un autre, mon dieu quelle vie mène-t-il chez lui? Et ces pauvres victimes qui sont encore plus humiliées par le fait que peut de gens acceptent de voir la graviter de ces actes... Où va-t-on?...

Desse 04/02/2015 15:25

C'est un terrible problème qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les petites victimes. La minimisation régulière de ces faits est le principal écueil à combattre. Bravo pour cet article si bien construit!

sophie-mum 04/02/2015 10:35

ARTICLE BIEN ECRIT QUE JE PARTAGE

Megan 04/02/2015 10:29

Ca me retourne! Je suis le genre de mère à dire à ma fille qu'on ne rend pas le mal par le mal! Mais quand elle me raconte certaines choses, je n'arrive plus à faire abstraction! C'est bête mais j'ai décidé d'aller voir la maitresse après que plusieurs enfants lui aient dit que son papa, sa maman et son frère (à peine 5 mois) allaient mourir, qu'ils allaient nous tuer... J'ai osé aller en parler à sa maitresse... Personne que je respecte et dont j'admire le boulot quotidien. Mais quand elle ose me dire que ce n'est rien alors que si ma fille m'en parle c'est que ça la blesse, ça a un peu de mal à passer. Donc bilan je me heurte à un mur concernant les paroles dites blessantes et méchantes parce que "ce ne sont que des enfants, des mots d'enfants". Oui mais si ce n'est que ça, ils l'ont bien entendu quelque part. C'est qu'il y a une faille quelque part! A l'école ou chez eux! Et il est hors de question que ma fille en pâtisse! Et pourtant je vis dans ma campagne seine et marnaise depuis 3 ans, ayant toujours vécu dans le 94, bonne banlieue parisienne, comme aime nous le rappeler tous ces gens qui ne vivent pas là. Mais ça arrive n'importe où. Et que le harcèlement soit moral ou physique, il ne faut rien accepter. Notre chair, notre sang, ce petit être qu'on porte et qu'on façonne pour en faire une personne respectée, aimée, altruiste, ouverte et gentille...

Luna Tik 03/02/2015 23:09

Nous sommes de la même génération toute les deux et j'ai été victime de harcèlement scolaire. Les paroles qu'a reçut Vanessa, je les ai eue de ma propre mère: Avec mon caractère pas possible, c'est normal que je ne me fasse pas d'amis, fallait que je soit moins chiante, plus gentille. J'ai été moquée, poussée, on m'a craché dessus, je me suis même cassé le poignet en tombant suite a un croche pied. Personne n'a rien fait. Et aujourd'hui j'ai peur pour mes fils car je vois souvent des histoires comme celle la et je me rend compte que les autorités (ici les enseignants et les directeurs) ne font toujours rien... Ça me désole