Je n'aime pas

Publié le par Hysterikmum

Je n'aime pas

Mon blog a toujours été un endroit un peu spécial pour moi.

Il ne se passe pas une journée sans que je n'y pense, une nuit sans que lors d'un réveil de l'Impératrice une idée de truc à raconter ne me vienne et que je doive la noter sur l'onglet "note" de mon portable.

Je m'en suis servie de journal intime même si cet aspect est de moins en moins présent (signe que la thérapie par le blog m'a fait du bien ), d'album pour garder ces souvenirs si précieux de mes enfants et aussi de journal de bord pour ma perte de poids.

J'y ai étalé de manière impudique pour certains, mes maux, j'y ai hurlé mes joies, j'ai pleuré en écrivant quelques billets et j'ai toujours mis un point d'honneur à être HONNETE.

Que ce soit sur ma vie (même si bien sûr ce sont des moments choisis), sur mes tests et découvertes, j'ai toujours dit la vérité.

Je n'ai jamais menti sur mes goûts et dégouts, ni n'ai ressenti de pressions me forçant à dire ce que je ne voulais pas.

Ce que je dit aimer, je l'aime vraiment.

Mais voilà, ce matin, j'ai reçu un mail d'une avocate, me demandant de retirer de MON espace, un lien vers un article d'un site internet, que j'avais partagé dans un de mes billets et qui aujourd'hui est illégal, avec un jugement du tribunal le déclarant diffamatoire.

Je ne citerais pas ici la société qui était représentée par cette avocate, tu comprendras que je n'ai pas envie d'aller plus loin.

Mais pour autant, j'estime avoir le droit de raconter ce qu'il m'est arrivé.

Ce billet, je l'avais écrit et il concernait la santé de mes enfants.

Ce billet il ne parlait que de mes choix à MOI.

Je ne me suis jamais senti l'âme d'un gourou qui prédiquerait à des agneaux égarés, ce qu'ils doivent faire.

J'ai toujours aimé que sur mon blog et sur ma page facebook, on ait le choix de dire "je suis d'accord" ou "je ne suis pas d'accord" sans se faire tomber dessus, juger, etc

J'ai toujours aimé apprendre de par les échanges avec les autres, que j'ai tous les jours avec vous.

Il m'arrive souvent de demander des conseils moi-même.

Je ne suis pas stupide, mais pour autant je n'ai aucune formation juridique, ni ne m'y connais en ce qui concerne mes droits d'expression (les vrais, ceux écrits noirs sur blancs dans la législation française).

Alors, j'ai paniqué, mais n'ai pas osé réveiller Machoman qui dormait après sa garde de nuit.

Ca peut paraître très vielle France, mais dans les situations que j'ai du mal à comprendre, qui me font peur, j'aime qu'il soit là, auprès de moi.

Que faire?

Je n'ai pas les moyens de me payer un avocat, déjà qu'on ne s'en sort pas à la fin du mois.

Et que se passe-t'il après ?

Je finis par appeler l'avocate, de vive voix, ce sera sans doute plus simple pour moi de comprendre.

En fait, ce n'était pas vraiment mon billet en lui-même le problème, mais le lien que j'avais publié avec.

Je me rendais "complice de dénigrement".

Franchement, ça choque.

J'ai supprimé le dit lien et tout ce qui faisait référence au produit et même si j'ai noté que l'avocate m'avait dit que j'avais droit de donner mon avis, j'ai surtout bien entendu que la frontière était très mince, voir inexistante entre donner un avis négatif et dénigrer.

J'aurais aimé que la société fasse un communiqué pour rassurer les gens, car avant tout si ce lien a eu autant de succès, c'est qu'il interpelait, que les gens, les parents étaient inquiets.

Couper les têtes fait-il oublier l'histoire, fait-il oublier les réticences, je ne crois pas.

J'aurais volontier laissé une tribune sur mon blog à ces gens pour qu'ils s'expliquent et rassurent.

Je suis la première à dire qu'il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis et qu'avec des explications, tout devient plus clair.

Mais on ne m'aura pas laissé la possibilité de savoir, ni de faire savoir.

Je me suis sentie menacée chez moi, sur mon propre blog, dans mon droit de dire "je n'aime pas".

Voilà pourquoi, je comprends maintenant les blogs sur lesquels ont lit beaucoup de "j'aime, j'adore".

Ce n'est pas forcément par omission, manque d'honnêteté ou optimisme débordant.

Mais c'est parce que parfois, il vaut mieux laisser nos billets "je n'aime pas" au stade de brouillon plutôt que de vivre ça.

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P-rine O'ber 09/06/2015 23:05

je suis aussi choquée...
donc en gros, vous blogueuses, vous devez toujours dire du bien des marques, des produits, ou vous taire à jamais ? je trouve ça vraiment malhonnête de la part de cette entreprise ! plutôt que de comprendre ton désapprouvement, elle t'attaque ! Perso, j'aimerais bien savoir de quoi il s'agit pour ne plus rien prendre chez eux...vraiment choquée...
Et je comprends ton ressenti, même si je ne blogue pas..j'imagine la panique mais aussi le sentiment d'avoir les mains liées...
en tout cas, j'espère que tu publieras tes prochains j'aime pas, tout comme tes j'aime...

Elodie Minet 09/06/2015 19:25

ah quand même!!C'est hallucinant,ça me choque vraiment.Même plus libre d'écrire ce que l'on pense...

maman est occupée 09/06/2015 16:38

Parfois, on est contentes d'avoir un blog pas influent :-)

Cécile Lefebvre 09/06/2015 15:21

bah là... je suis sans voix et sur le cul... je ne sais pas quoi dire...
j'aurais fait comme toi... par peur... j'aurai carrément supprimé l'article

monica 09/06/2015 12:35

Alors là je dis non! C'est quoi ce bordel? Comment ça tu n'a pas le droit de dire haut et fort ce que tu penses? Ce n'est diffamatoire que si tu ne peux pas prouver ce que tu avance. Si tu as vécu une situation dangereuse pour la santé de tes enfants avec cette marque, tu as tous les droits d'en parler!
Après, il est vrai que la limite est très voir trop mince parfois donc je comprends ta peur et j'aurai sans doute fait pareil. Néanmoins, à froid, je me serai renseignée et entourée de pros pour sortir un article encore plus méprisant!
Courage