Cette première séparation, que je n'esperais plus [happy day]

Publié le par Hysterikmum

Cette première séparation, que je n'esperais plus [happy day]
Cette première séparation, que je n'esperais plus [happy day]

Aujourd'hui, mon coeur de maman a failli exploser de joie : l'Impératrice a réussi à se séparer de moi.

Je sais que la majorité des parents (surtout des mamans) vivent la séparation avec leurs enfants comme une source de stress et d'angoisse, que bien souvent elle se précède d'appréhension.
Alors forcément, ma joie paraîtra étrange pour certain(e)s, mais elle est bien réelle et je pense que seuls les parents d'enfants dits "sauvages" me comprendront (ou les personnes pourvues d'empathie).

Depuis qu'elle est née, l'Impératrice ne supporte pas les visages souriants qui se penchent sur elle.

Chaque regard ou mot qui lui était adressé provoquait chez elle des pleurs qui me fendaient le coeur.

Timidité exacerbée, peur, refus de défusionner avec nous (eh non, pas seulement avec maman), je pense qu'un peu de tout ça se mêlait.

Mais pendant des mois, j'ai souffert non pas de cette retenue de mon bébé de16 mois, mais des réflexions permanentes des gens à ce sujet.

"C'est bizarre non?!", "encore en train de faire des caprices", etc, la goutte d'eau aura été lorsque la pédiatre de PMI m'aura affirmé, sans me connaître, que c'était moi qui projetais des émotions très négatives sur ma fille, l'empêchant de se sociabiliser.

Ce jour-là, j'ai pleuré.

Vivre avec un enfant qui a peur des autres, c'est dur, c'est usant, c'est culpabilisant et cela fait se remettre en question sans arrêt, alors pourquoi en rajouter ?

Personne n'aime voir son enfant pleurer et souffrir sans comprendre pourquoi.

Et puis je n'ai pas envie de forcer ma fille à être comme les autres aimeraient qu'elle soit.

Force-t'on un adulte à faire des sourires, des bisous et des câlins ?!

Alors, souvent les sorties se sont tintées d'appréhension, pas celle de se séparer, mais plutôt de ne pas y arriver.

J'ai fini par aller à reculons à la rencontre des autres, pour ne pas subir encore et toujours ces éternels jugements.

Ce matin, j'étais invitée à une conférence autour de la nutrition des bébés, de 0 à 3 ans.

Même si ce sujet passionnant concerne les bébés, pas sûre que les bébés s'y interesent vraiment (sauf lorsque c'est dans leurs assiettes ).

Alors, pour l'occasion , il y avait des nounous.
Lorsque l'on m'a annoncé ça, j'ai pensé que cela ne fonctionnerait pas, j'étais sûre de moi, mais comme je ne baisse pas les bras, j'ai tenté.

Et j'avais tort !

J'ai expliqué à l'Impératrice qu'elle allait rester pour jouer avec les nounous et les enfants, pendant que moi, sa maman, je serais dans une salle à côté.

Je lui ai fait un bisou, lui ai dit "à tout à l'heure", puis je suis partie.

Je n'ai pas entendu de cris, mais j'ai eu le sentiment de laisser ma toute douce de 16 mois, un peu perdue et désorientée, mais je savais qu'en cas de problème, je serais appelée et je ne voulais pas faire marche arrière.

Elle est restée deux heures avec les nounous !

JAMAIS, je n'aurais cru ça possible et elle m'a manquée je l'avoue.
Lorsque je suis allée la chercher, elle est venue me faire un gros bisou, je lui ai dit à quel point j'étais fière d'elle, que j'étais heureuse qu'elle ai eu l'air de si bien s'amuser, puis elle est repartie avec les nounous.

Une nounou m'a expliqué que l'Impératrice avait pleuré 10 minutes, puis le chagrin passé, elle s'était concentrée sur l'observation des autres enfants.

Lorsque de la musique avait retenti, elle avait pris beaucoup de plaisir à danser et elle avait fini par se détendre et jouer.

Mon coeur s'est remplis de larmes qui ont failli rejaillirent de mes yeux.

C'était de l'émotion pure et dure.

Une fierté sans nom, un sentiment de soulagement, un bonheur intense d'imaginer la matinée de ma petite chérie avec d'autres que moi.

C'etait notre première séparation, je ne l'attendais plus, je ne l'esperais plus.

Je compte bien continuer à lui faire confiance et je sais que petit à petit cela ira de mieux en mieux.

Je ne regrette pas tout ces mois à attendre, à ne pas la presser, ça en valait largement la peine.

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Eloli 14/09/2015 13:52

Oh comme je te comprends.
Ma fille était exactement comme la tienne jusqu'à l'âge de 18 mois.
Encore aujourd'hui à presque 4 ans, elle a beaucoup de mal. Elle a passé son année de MS à pleurer le matin au moment de la séparation, à rester coller à la maitresse dans la cours de récréation, à ne pas oser parler en classe ....
La situation chez nous à l'air de se débloquer un peu mais nous voyons une pédo-psy

Cécile Lefebvre 14/09/2015 09:08

BRAVO l'impératrice et BRAVO à toi d'avoir tenté et d'avoir gagné pour le coup ;-)

Isabelle de Guinzan 12/09/2015 15:04

Ta joie est bien compréhensible ! Tu vois ta merveille faire un grand pas de plus, dépasser sa peur, s'épanouir ! Bravo à elle :)

Titisse 10/09/2015 23:24

bravo ! c'est génial je suis très contente pour toi car même si on aime bien les avoir avec nous etc on est rassurées de pouvoir les laisser et que cela se passe bien ;-)
<3
plein de bisous

celine 10/09/2015 13:45

C'est super dis donc ! Je suis super contente de te lire car ma fille n'a que 7 mois et des que je ne suis pas la c'est la crise, et personne ne peut pas la prendre a bras. Parfois on me l'a prend et on me dit " je vais aller plus loin, une fois qu'elle ne te verra plus, elle arretera de pleurer " Sauf que les pleurs deviennent des hurlements et elle se met a suffoquer, donc je ne la laisse plus a personne, et on retentera plus tard. Bien sur les gens s'en donnent a coeur joie de me critiquer, appelle ma fille Mowgli, l'enfant sauvage .... bref ton article me conforte dans ma facon de faire ;) Bravo a ta puce !